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Séminaire : "Vous avez dit Développement Durable ?", lundi 10 décembre à 17h30

Le Laboratoire Sciences Pour l’Environnement (CNRS / Université de Corse), en partenariat avec la plateforme Stella Mare et l’Unesco, organise un séminaire sur le thème du Développement Durable. Ce séminaire animé par le consultant Unesco Jean Vergnes a pour titre "Vous avez dit développement durable ?".

 

Lundi 10 décembre 2012 à 17h30
"Vous avez dit développement durable ?"

Amphi Nicoli, UFR Sciences, Campus Grimaldi


Pour adapter au mieux son intervention, Jean Vergnes vous invite à renseigner un formulaire à remettre au début du séminaire.



Pour Kofi Annan, "loin d’être un fardeau, le développement durable est une aubaine. Sur le plan économique, c’est une chance de créer des marchés et des emplois. Sur le plan social, une chance de combattre l’exclusion. Sur le plan politique, une chance de réduire les tensions qui risquent de dégénérer en violence et donner à chacun le choix de décider de son propre avenir".

C’est donc une culture "développement durable", dont les origines datent du XIVe siècle, visiblement orientée vers les problèmes du XXIe siècle : son enseignement ne peut qu’accroitre les chances de tout individu de s’intégrer dans la vie active. Cette culture transdisciplinaire, officialisée par l’ONU en 1992, fait donc naturellement partie des objectifs d’une université.
Ce séminaire du Laboratoire SPE est mené en collaboration avec la plateforme Stella Mare qui travaille sur le développement durable au niveau environnemental, notamment à travers son programme de recherche Européen Life+ SUBLIMO (qui consiste à enrayer la perte de biodiversité marine).


Résumé

Il existe de nombreuses définitions du concept développement durable du fait de l’évolution depuis vingt ans de ses applications et des travaux de l’expertise internationale. On peut dire aujourd’hui qu’il s’agit d’une démarche pluridisciplinaire décloisonnée systémique et solidaire qui permet de formaliser des solutions pour des problèmes, complexes et souvent interdépendants, affectant les populations. La solidarité conduit cette démarche à tenir compte des impacts (sociaux, environnementaux et économiques) des solutions proposées dans l’espace (impacts locaux, impacts internationaux) et dans le temps (impacts actuels, impacts futurs).
Une conséquence, inattendue (souvent ignorée par les décideurs) : lorsque ces problèmes concernent des activités socio-économiques ou projets techniques, les mises en oeuvres des solutions issues d’une démarche de développement durable seront notamment les plus efficaces, les plus sures, les plus respectueuses de la biodiversité et de son devenir.

Globalement, une politique de développement durable prend en compte :

 

 

 

 

 

  • Le présent et le devenir de l’humanité (alimentation, démographie, éducation, santé, etc.)
  • Les dégradations des ressources naturelles et de la biodiversité
  • Les aspects socio-économiques (agriculture, chômage, corruption, ignorance, immigration, pauvreté, santé publique, solidarité, tensions sociales, transport, urbanisation, etc.).


L’éducation "adaptée" des populations et tout particulièrement les porteurs naturels de messages (enseignants, journalistes, professionnels de la santé, parlementaires, responsables institutionnels, décideurs de la société civile) est la seule stratégie qui peut faire comprendre et accepter le caractère incontournable de cette démarche de développement durable et permettre sa mise en oeuvre de façon progressive dans les activités socio-économiques à l’échelon local.

L’urgence, c’est la formation des compétences nationales nécessaires, la priorité de toute politique nationale de développement durable, afin de stopper les improvisations aux conséquences désastreuses.

  • Des compétences pour la mise en oeuvre d’organisations durables (ville, campus, hôpital, industrie), de projets techniques (construction d’un barrage, valorisation des déchets, préservation des ressources en eau, etc.), de politiques urgentes (lutte contre l’effet de serre, protection de la biodiversité, réduction de la pauvreté, efficacité de l’entreprise, etc.).
  • Des compétences pour réduire les oppositions à la mise en oeuvre de politique de développement durable aux origines multiples (confusion sémantique développement durable & protection de l’environnement, désinformation, absence d’évaluation des projets dits « durables », improvisations en matière « d’éducation au développement durable », incompatibilité entre durée du mandat des élus et projet durable, modifications impopulaires des modes de vie car elles entrainent des contraintes même si moins dures et moins coûteuses que celles que l’on subira si rien ne change d’après le rapport Stern, GIEC).


Sachant que la volonté politique des responsables est la clef pour réussir une politique de développement durable, que l’effet de serre devrait être pris plus au sérieux (le 18 novembre 2012, la Banque mondiale, pour la première fois, a annoncé des chiffres très inquiétants : « 4°C d’accroissement possible de la température moyenne de la Terre »), que les problèmes posés par l’accès pour tous à une eau potable ne doivent plus faire l’objet de déclarations d’intention sans lendemain mais d’actions concrètes, que tous les pays du monde affrontent des problèmes semblables, que le Sommet de Rio avait désigné les collectivités locales comme les vecteurs du développement durable, l’enseignement supérieur devant former les compétences nécessaires à la définition et mise en oeuvre de cette politique.

Au nom du principe d’exemplarité, tous les établissements composant une université devraient alors être des établissements durables. Ceci implique que toutes les activités administratives, pédagogiques, techniques, sportives, etc. de chaque établissement seront issues de démarches de développement durable. Parallèlement, il faudra réfléchir au contenu et à la promotion d’une culture générale transdisciplinaire de développement durable pour tous les étudiants (futurs cadres, techniciens, ingénieurs) et à la prise en compte des compléments pour les spécificités professionnelles. Il s’agit d’éviter les erreurs commises dans certains pays et fortement dénoncés par les étudiants eux-mêmes (notamment aux USA et en France).

Nous devinons qu’il s’agit là de la mise en place d’un des éléments essentiels d’un véritable projet de société, de plus en plus souvent évoqué dans de nombreux discours politiques…. Mais, seulement évoqué !
Questionnaire préliminaire

JEROME CHIARAMONTI | Mise à jour le 02/11/2017